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29 septembre 2008

Images au quotidien




A Suchitoto en hiver, même si il pleut souvent, il se passe tout plein de choses.


Il y a de l’animation dans les rues…











… où passent des appareils bizarres, et le défilé de l’indépendance des enfants de l’école maternelle.



Sur la place du village…











… où on célèbre le 150ème anniversaire de Suchitoto en plein cagnard, mais avec des ombrelles pour les gens importants. Et où Rodrigo, le mec au chapeau de cow-boy, candidat ARENA (la droite au pouvoir) à la présidence organise des meeting politiques bleu-blanc-rouge… et où les femmes en profitent pour organiser une manifestation contre la politique du gouvernement…



Au café de la place…


… un endroit propice pour faire de jolies photos… (notre ami Tito en sait quelque chose : c’est de là qu’il photographie toutes les jolies filles qui passent sous son objectif). Le café est en face de l’église, vous aurez noté. De là, on peut sentir les violentes bourrasques du nord qui font s’envoler les cerfs-volants, on peut voir arriver le gros orage qui va rafraîchir l’après midi, et s'y préparer à l'abri d'un chocolat chaud ou d'un petit rhum-citron.



A Suchitoto, y a aussi des gens qui ont la grande classe…


… avec ou sans chapeau.



Des gens qui sourient et qui dansent…











… pour un anniversaire avec piñata, à la maison pour dire au revoir à Laure et Aurélie, ou bien en el Necio avec le légendaire Don Chapatín, danseur étoile et grand séducteur de la « ciudad Pájaro Flor ».



Et même ! … Même des gens qui se dénudent…











Wouuu ! Les filles et leurs parties de jambe en l’air, de bon matin pour se mettre en forme avant d’aller au bureau… Un beau jeune homme à la peau douce et cuivrée, à la longue chevelure couleur de geai, qui aime à s’exhiber torse nu… Et des adolescentes rondelettes qui font un show cabaretesque en ouverture d’une nuit inoubliable de spectacle au cirque de Suchi, « ¡ el Gigante Biónicoooo ! »



Ah ! Suchi ! Home, sweet home !



...et en plus de tout ces merveilleux évènements qui peuplent la routine suchitotense... On trouve la jolie petite maison qui prend (un peu) l’eau, la rivière qui traverse le jardin, et puis… n'oublions pas de mentionner mon épouse, nos deux filles adoptives et notre bébé d’à peine trois jours ! …


Ayayay ! Comment je vais faire pour partir ?!!!!



16 septembre 2008

Les voyages en bus ne sont jamais ennuyeux



En revenant de week-end, le passage obligé est souvent le bus entre San Salvador et Suchitoto. Un petit trajet de 47 km, mais qui peut durer de 1h à 2h selon les horaires...

Ce qui est cool, c'est que le paysage est sympa, et puis surtout c'est toujours animé. Avec à l'ordinaire des "pics d'activités" a la hauteur de la Plaza Mundo de Soyapango et du marché de rue de San Martín, où c'est alors un supermarché entier, déguisé en grosses-dames-à-tablier-kitsch, en petites-filles-à-la-voix-de-poissonnière-à-la-criée, ou bien en monsieurs-qui-parlent-fort, qui grimpe dans le bus et se fraye un passage dans le couloir central déjà bondé... Pour vendre, "¡¡ a dólar, a dólar !!", bonbons, chewing-gum, fraises, tomates, bananes plantains, cacahuètes, noix de cajou, eau fraîche et refrescos en sac plastique, pommade miracle anti-tout (champignons divers, douleurs dans le dos, problèmes de foie...), fruits pelés et découpés prêt-à-manger, chips de manioc citron-sel-piment, journaux du jour, stylo-lampe-de-poche, livres de coloriage Winnie l'Ourson ou glaces à la vanille... entre autres.

Parfois, c'est un clown qui monte raconter quelques blagues, ou bien un éclopé qui vient demander l'aumône, ou encore un drogué-délinquent-repenti-"gracias a Dios" et qui demande qu'on l'aide un peu à se refaire une vie de manière honnête... quand ce n'est pas un vrai délinquent qui raquette portables et argent liquide.

C'est très folklorique, le bus.

L'autre jour, dans ce bus magique, j'ai pu filmer un pasteur évangéliste et prosélytiste, la Bible à la main et prêchant la parole de Dieu. A nous, compagnons de voyage qui n'avions rien demandé. Et il prêche très fort, le monsieur (il vaut mieux pas être assis à côté de lui, sinon, on risque la rupture tympanique, moi j'vous l'dis !) : imaginez-vous couvrir, avec votre seule voix, le bordel que peut faire un bus d'environ 20 ans d'âge, bien rempli, un peu déglingué, roulant toutes vitres ouvertes à 100km/h et qui freine en gémissant en moyenne tous les 100 mètres, pour faire monter ou descendre quelqu'un...

Lui fait sa "messe", imperturbable... et pendant ce temps, la vie dans le bus continue... Un petit morceau de vie typique du Salvador !







Tentative de transcription en français :


LE PREDICATEUR EVANGELISTE AMBULANT
    Les portes sont ouvertes… pour vous ! Là, vous pouvez donner et entendre la parole de Dieu… On vous souhaitera la bienvenue… de la part de Dieu. Mes frères… que Dieu vous bénisse tous, mes frères… que Dieu vous bénisse toutes, mes sœurs. Là où vous louez, adorez… et répandez la parole du Seigneur. […] (Il commence à lire) Chapitre 2, verset 1 a 3, le Seigneur dit, mes frères et mes sœurs : [partie que je comprends pas…] mes meilleurs amis…

    Quelqu’un fait signe au bus sur le bord de la route.

L’ « ENCAISSEUR » DU BUS
    On y va ! On y va ! Hop, hop ! [Le fameux « Visa, vos » ! est intraduisible…] … J’te dis ! J’te dis ! … pfipfuiiit ! Vas-y !

LE PREDICATEUR EVANGELISTE AMBULANT
    Dieu dit : “ Est bête ”, dit Dieu… “ devant tous ! […] ”


15 août 2008

Qui est ce monsieur ?


Je vous propose... trois possibilités, au choix, pour ce personnage équilibriste grimpé là-haut au moyen d'une magnifique chaise en fer toute cabossée :
  • Le sacristain "valeverguista" de la paroisse, en charge d'explorer l'intérieur de la tour nord de l'église (celle du carillon) afin qu'on puisse savoir si il y a moyen de faire passer des câbles électriques pour la mise en lumière de la façade... Malheureusement, il n'a bien sûr pas les clés, et donc, tout naturellement, défonce le cadenas et la moitié de l'encadrement de porte au burin. Il dit, souriant : "On réparera !".
  • Un employé de la mairie, affairé sur une fenêtre extérieure un peu bizarre de la bibliothèque municipale, pour décrocher une pancarte en bois de commémoration du 150ème anniversaire de la ville de Suchitoto (c'était le 15 juillet)... ils l'avaient fixée pour qu'elle reste là pendant au moins 150 autres années, mais ils se sont finalement aperçus qu'à cet endroit elle était pas du tout visible. Il a eu du mal, le pauvre bougre !
  • Don Pedro, charpentier-serrurier du village (celui qui parle avec des "a la gran putiquis!"), au travail pour ouvrir la porte condamnée dans la nouvelle maison de Daniela... c'est une porte originale, qui donne sur une chambre-aux-chauves-souris qu'on aimerait bien aérer un peu pour en faire une chambre-pour-la-nouvelle-coopérante-espagnole-qui-arrive-en-septembre. Avec nos talents incroyables, on lui fabriquera un joli petit escalier pour pas qu'elle se gaufre trop souvent !




Alors, c'est qui ???


29 juillet 2008

Suchitoto concept: restaurant – salon de coiffure – salle de jeu et de spectacle


Enfin, après des semaines d'auto-persuasion – salut François, j'aurais bien aimé partager ce trip avec toi ! – j'ai décidé de me couper les cheveux pour de vrai... pas à moitié, hein : bam tondeuse, tac sabot 1,8 cm, et zim, plus de cheveux ! C'est pas n'importe quoi, comme nouvelle, ça... ! Ne le prenez pas mal, n'ayez pas peur, ma personnalité reste entière, et mes cheveux n'en seront que plus beaux et plus forts quand l'automne sera venu...

Et puis en plus, hier soir à l'occasion de cette métamorphose (un des plus grands changements intervenus dans ma vie depuis que j'ai refusé de m'engager dans le club de football du quartier à l'âge de 5 ans pour ne pas à avoir à courir après un ballon), un nouveau concept est né. Celui de restaurant – salon de coiffure – salle de jeu et de spectacle. Je vous explique...

L'après midi du dimanche, commencée par une ballade à Zacamil chez Robert le québécois (qui depuis le dernier épisode s'est marié à Cristina, et construit une ferme autonome dans une campagne perdue de Suchitoto), s'est terminée en cuisine, avec la préparation de "gnocchis al pomodoro" maison – Recette des gnocchis : 1 kilo de patates en purée pour 500g de farine, et un oeuf - mélangez pour obtenir une pâte, puis faites des petits boudins dans lesquels vous découpez les gnocchis... très facile et on s'en met plein les mains c'est rigolo !). Vers 19h, le repas est prêt, les colocs et les invités s'installent: Aurélie, Laure, Daniela et Tito autour de la table. Recette réussie, tout le monde est content.

Ci-dessus, c'est Robert dans son nouvel
environnement, avec ses tomates magiques
(photo Aurélie)

A gauche, les gnocchis avant de passer à la casserole.
(photo Aurélie)

A droite, jolie vue sur le chemin de Zacamil vers Suchitoto.





La deuxième étape de la soirée est beaucoup plus interactive, et c'est là où le concept prend tout son sens.

Tout d'abord, le chef-cuistot du soir s'assoit sur un tabouret, dans une zone bien éclairée. Il a l'air un peu tendu même s'il a le sourire aux lèvres. S'il est chevelu à la base, le spectacle sera d'autant meilleure qualité.

Et là, hop ! Sans transition, les différents convives viennent tour à tour donner un coup de patte à l'œuvre qui sera commune à tous : la nouvelle coupe de cheveux. Pour des raisons de convivialité, le niveau technique requis ne doit pas être trop élevé (le freestyle et le bon goût sont les bases du concept). Toutefois, ceux qui ne se sentent pas l'âme d'un artiste peuvent rester assis, à digérer tranquillement les gnocchis – aliment pesant sur l'estomac de ceux qui ont les yeux plus gros que le ventre – et à profiter du spectacle, à prendre des photos, à donner des conseils avisés...

La durée du spectacle varie en fonction de la volonté et de la tignasse initiales du chef-cuistot, et de leur résistance respective.

Par expérience, tout le monde est content à la fin, et les réactions au spectacle sont multiples et apparaissent dès le lendemain au bureau, dans la rue...

Florilège (librement adapté de l'espagnol, mais véridique !) : "t'es tombé malade ?", "tu t'es fait attaquer par des fourmis champignonnistes ?", "ouah, trop bizarre !", "oula ! c'est de pire en pire !", "on dirait un russe !", ou encore un simple regard étonné caché derrière un sourire...

A essayer entre amis !



Photos à l'appui ci-dessous :
tout le monde apprécie le jeu et rit de bon coeur.



16 mai 2008

Aventures et bêtes sauvages en pleine jungle...

Juste quelques photos de la petite ballade dominicale d'où j'ai ramené des tiques plein partout dans mes poils de jambes (entre autres poils...), et où nous nous sommes faits attaquer par des mini-guêpes de combat (cf. la première photo ci-dessous où Samuel, notre hôte de passage, se voit obligé de se réfugier au fond de l'eau, de manière assez élégante, pour fuir les attaques de l'essaim que les gamins s'amusaient à gentiment titiller avec des gros cailloux).

C'était la contrepartie nécessaire à une très bonne journée de ballade au fond du río Palancapa, à quelques 5km de Suchitoto... avec fougères arborescentes, pique nique et baignade en eau fraîche.


(Vous noterez que subtilement, j'ai glissé "dos que tres" photos où j'apparais après ma métamorphose capillaire de la semaine dernière...)















12 mai 2008

La musique comme moyen de séduction


Hospitality Club a fonctionné ! Ces jours derniers, nous avons hébergé un nouveau personnage : un voyageur de passage par le village. Samuel se promène avec sa guitare. On lui a offert une pause à Suchitoto au "milieu" de son périple entre le Mexique et l'Argentine.

Richard, qui est toujours dans les bons coups, en a profité pour s'essayer à une nouvelle technique de séduction par la musique...



06 mai 2008

Salon de coiffure en plein air



Les ciseaux dans la main gauche d'Aurélie, avec le vent comme acteur secondaire, et les vagues en toile de fond. Un jour historique. Sans plus de commentaires... imaginez la suite.

:-)

Je suis un homme nouveau !!!


28 avril 2008

Le crapaud qui croyait ce qu'on raconte à la télévision

Richard est un crapaud.

C’est devenu un habitué de la maison. Il vient des fois se promener entre les herbes du jardin, voir si y a pas un petit en-cas qui traîne : un joli papillon, un "chicote" stupide, ou une grosse "papalota". Et quand il se met à pleuvoir, Richard vient s’abriter sous la véranda, et il passe avec nous un petit moment. On en est encore au stade où on apprend à se connaître. Cependant, lui, il a comme qui dirait plus de facilité à se sentir à l’aise que nous. Il est cool comme crapaud, pas du style à se prendre la tête.

Ces derniers temps, il se sent un peu comme chez lui, j’ai l’impression. Des fois il rentre dans ma chambre, et il se met dans un coin en attendant que j’aille me coucher. Et ne me demandez pas ce qu’il traficote la nuit pendant que je dors... je n’en ai pas la moindre idée. Enfin... jusqu’à il y a peu.

Car en effet, depuis la fois où je l’ai pris en flagrant déli en train de zyeuter avec envie sur mon déodorant, j’ai ma petite idée sur le but de ses explorations nocturnes. Ses grands yeux noirs tout ronds et avides montrent bien que le pauvre bougre est en manque de crapaude... et qu’il a comme une vague idée qu’un déodorant pourrait l’aider dans sa quête amoureuse.
Il doit avoir la télé, Richard : le pauvre, ils lui ont lavé le cerveau. C’est pas bon pour les crapauds la télé. Il faudra que je l’aide : je vais lui expliquer que ce n’est qu’avec le déodorant « Axe » que ça marche, le coup des femelles qui tombent comme des mouches.



06 mars 2008

Un mois eeeentier à Suchitoto !!

Ouah, c'est clair... ! Avant j'avais un peu la classe, je vous faisais rêver avec des paysages de montagne sous les nuages, de plages à cocotiers, de volcans pelés et de lacs pas trop pollués... je sortais de Suchi quoi ! Mais là, ça fait maintenant plus d'un mois que je sors pas d'ici le week-end. Je deviens casanier, dites-donc.
J'avais enfin pris la ferme décision de décoller d'ici le week-end prochain, mais comble de malchance, hier on m'a proposé une sortie dimanche pour aller au río Tancuajul, une fraîche rivière du coin, et surtout des gorges magnifiques... En plus pour la ballade, un petit vieux tout sec avec un chapeau et les pieds nus nous accompagnera. Un de ceux qui ont plein d'histoires à raconter et qui adorent ça... ça fait pas mal envie.
J'arriverai pas à sortir de Suchi ! ¿Por qué será? ... Heureusement, les vacances de Pâques arrivent, je vais pouvoir m'évader... :-)

Cependant, comme j'aime bien vous montrer des morceaux d'ici, j'aimerais partager deux petites photos, juste deux petites photos de ma maison.

Une dedans. Même si y a pas vraiment de "dedans", en fait, c'est ouvert de partout. Pour ceux qui connaissent, vous noterez la très jolie peinture verte sur le mur du fond : c'est nouveau et ça crée une petite ambiance colorée dans le coin cuisine, qui devient du coup "zone habitable" et non plus "territoire ennemi"... on croirait que les scorpions ont compris, j'en ai plus vu depuis que j'ai repeint le mur !





Et puis une autre dehors, dont j'aime beaucoup les couleurs.




28 février 2008

Glanage à Colima

L’autre jour, lors d’une petite visite de terrain à Colima, à l’autre bout de la commune de Suchitoto. C’est là où vont travailler les 2 coopérantes de Apoyo Urbano qui viennent ici cette année, Laure et Aurélie. Je suis en train de préparer un peu leur sujet de stage, donc c’est cool, ça me permet de travailler tout en me promenant.



Autrefois, toute la zone de Colima était propriété d’un seul « terrateniente », qui exploitait les populations locales et vivait dans une hacienda magnifique, au bord du fleuve pas encore pollué, sur une petite colline avec vue. L’hacienda existe toujours, voici d’ailleurs ci-dessus un aperçu du panorama dont on peut jouir calé dans un hamac depuis la véranda. Avec la réforme agraire, le propriétaire a été dépossédé de ses terres, et celles-ci sont devenues propriété de la coopérative de Colima nouvellement créée. Ça c’était en 1972.

Par la suite, à la fin des années 1970, après la construction du barrage hydroélectrique sur le fleuve Lempa, la superficie du lac ainsi créé est devenue propriété de l’entreprise productrice d’électricité. Bien sûr, le lac n’a pas un niveau constant au cours de l’année : en saison sèche, une immense surface se découvre ainsi autour de Colima, et devient un grand jardin fertile, où poussent courgettes, tomates, poivrons, maïs, pastèques, haricots, canne à sucre... Les habitants louent alors la terre à la grande entreprise en question pour pouvoir la cultiver (au final, vous noterez que c’est toujours pas ceux qui travaillent la terre qui en sont propriétaires). Et c’est sur ces terres inondables que nous sommes donc allés nous promener hier mardi.


Je vous mets quelques photos du champ de pastèque où j’ai passé un moment très heureux... ! En fait, on est arrivés juste le jour où la récolte se terminait : et ici aussi, le glanage ça existe ! Donc une fois la récolte officiellement terminée, tout ce qui reste dans les champs passe dans le domaine public et peut être ramassé par tout un chacun... des quantités de gens viennent alors à pied, à vélo, à cheval ou en pick-up, pour glaner les pastèques trop petites et qui ne se vendront pas à San Salvador.

Nous étions les premiers sur les lieux, alors je vous dis pas le festin ! En plus de remplir le pick-up, on s’est bien rempli l’estomac... C’est trop bon, quand on a bien chaud au soleil de midi, de ramasser une belle pastèque bien mûre, de l’ouvrir en lui assénant un petit coup de poing sur la tête pour qu’elle s’ouvre en jutant partout, et de plonger les mains et la tête dans la chair rouge et sucrée avec grand plaisir... hihi ! Succulent !







Ci-dessus c'est la fin de la récolte officielle.
Ci-dessous, les glaneurs de la mairie de Suchitoto...





25 février 2008

Don Alejandro

Illustration en image, comme demandé dans les commentaires du message précédent... Voici donc Alejandro Cotto. Hein qu'il a un petit air arrogant, non ?




Je l'ai croisé hier dans la rue, il habite pas loin de chez moi. Il marchait sur le trottoir, boitillant sur sa canne à l'ombre des amandiers , et discutait de violons au bras d'une jeune dame très élégante. Il est hors du temps, ce monsieur. "Suranné" est effectivement un qualificatif qui lui va bien.

Il a dû s'arracher les cheveux samedi soir : alors que c'était le clou du festival, la dernière représentation avant le magnifique feu d'artifice de samedi prochain, alors que le grand Opéra Nacional de México venait à Suchi... de son côté, l'équipe de foot locale, le Brasilia (ils sont pas mauvais, mais le problème, c'est qu'ils ont pas de terrain homologué pour jouer, ils jouent dans la commune voisine... un peu la honte), organisait son bal annuel. Et ici "bal", ça sous-entend des centaines de décibels qui crachent en plein rue du reggaeton (en plus des odeurs de poulet grillé), à deux pâtés de maison du théâtre. Théâtre qui, cela va sans dire, n'est pas du tout isolé acoustiquement parlant... le boom-boom-boom du bal ne collait pas trop avec les la-la-la de l'Opéra...

Aaaah Suchitoto ! ...


18 février 2008

Un peu de culture suchitotense

Ce mois-ci se déroule le 18ème festival d'art et culture de Suchitoto, avec pour scène principale le Teatro de las Ruinas.

Samedi, c'était soirée Castafiore (je dis ça ironiquement, mais c'était bien, vraiment, moi qui suis pas trop sensible d'habitude). Une belle soprano allemande, toute brillante avec sa robe en strass, ses boucles d'oreille et son collier qui scintillaient, pour souligner un très joli sourire et un très très joli décolleté. Un ténor chilien avec une tête marrante, cheveux noirs gominés avec la raie sur le côté, et le petit ventre qui dénonce l'amateur de bonne chère. Et puis pour les accompagner dans leurs jeux vocaux, un très jeune et guindé pianiste bulgare en cravate, avec un pantalon un peu trop long pour lui. Dans l'ensemble, ils formaient un trio très classe, chantant en italien et en allemand des chansons qu'on comprend pas mais qui en imposent. La scène du théâtre, avec ces gens là devant de beaux rideaux dorés et brillants, était magnifique.


Mais le mieux dans l'histoire, c'est pas ça. Il y a un petit plus, dû au contraste entre ce que je viens de vous décrire, que somme toute on pourrait retrouver en n'importe quel coin du globe où il y ait un théâtre, n'est-ce pas... et puis le reste du décor local, vraiment très couleur locale, justement.

Le théâtre de Suchitoto s'appelle le Teatro de las Ruinas, et c'est pas pour rien... :-) Depuis la rue, quand on rentre dans le hall, l'endroit paraît pas trop mal, certes kistch (on est quand même en Amérique Latine), mais bien, propre, carrelé, avec des appliques aux murs, presque meublé. On traverse le hall, pour arriver devant un rideau rouge, qui s'ouvre sur la salle de spectacle en soi... et en fait, à partir de là, paf, rupture : il y avait plus d'argent pour la restauration des ruines en question... la scène est comme un écrin doré entouré d'une quantité de choses, de trucs, de machins plus ou moins gros, genre débarras mal rangé d'un vieux papi bricoleur (Monsieur Sauzeau de "Ici Najac, à vous la terre", par exemple)... le sol est de terre battu, les chaises en plastique blanc, les murs en parpaings gris et nus percés de grandes fenêtres haut-perchées où nichent quelques pigeons, et en guise d'éclairage des guirlandes d'ampoules entre lesquelles volettent de mignonnes petites chauve-souris... Bref, c'est normal, c'est Suchitoto, quoi. Mais loin de lui enlever du charme, je trouve que ce décor permet à un spectacle d'Opéra d'aquérir tout de suite une certaine touche gothique moyenâgeux qui va bien...


Et après le décor physique, le décor vivant vaut lui aussi la peine... Dès l'entrée on trouve, sur les mêmes chaises en plastique blanc, disposées en haie d'honneur, quatre petites mamies toutes vieilles et toutes fripées, avec chacune un petit panier en osier rempli à en déborder de billets de 1 dollar. Ce sont les assistantes de toujours de don Alejandro Cotto, un autre vieux personnage, à grosses lunettes et à canne, que l'on croise en entrant dans le théâtre.

Alejandro Cotto est la légende vivante de Suchitoto, le "Monsieur culture", et quand il parle de culture, il parle exclusivement d'opéra lyrique, d'orchestre symphonique, ou de peinture de grands maîtres européens. Dans sa maison tout au bout du village, une immense propriété avec vue sur le lac et jardins de méditation, il vit retiré, comme une relique vivante qui veillerait sur LA Culture et ferait de Suchi LA Capitale Culturelle du Salvador. Il est le gardien de la culture dans le village, et c'est d'ailleurs pour ça que "todos los pueblos del país deberían tener un Alejandro Cotto" : on devrait tous avoir un Alejandro Cotto chez soi, dit le programme du festival, en première page, avec en fond un magnifique portrait du Monsieur en question crayonné sur un ciel de nuages au soleil couchant.
Je crois en effet qu'il s'aime beaucoup, le Monsieur. Il doit avoir un égo limite surdimensionné. Par exemple, dans le hall d'entrée, parmi les trucs kitsch dont je vous parlais, on trouve notamment un buste en plâtre de don Alejandro, style empereur romain, avec toge et couronne de lauriers... c'est ultra moche, mais ça fait partie du culte à sa personne qu'il aime à entretenir, tout comme le monument en son honneur sur une des places du village, ou bien comme sa maison qu'il a transformée en musée (avec une salle dédiée à lui, ses diplômes, ses récompenses, les photos de ses rencontres avec des grands de ce monde, etc.), ou encore comme le simple fait qu'on bloque le trafic quand il traverse la rue...
Autre exemple : mercredi, dans le cadre du festival que lui même a créé, et continue d'organiser, sera projeté un film, intitulé subtilement "Alejandro", sur sa vie, son oeuvre, "les désirs, les frustrations, le drame, les plaisirs simples et la solitude d'Alejandro Cotto". Un film qui a connu, entre autres, un triomphe à Toulusse (sic) en France, paraît-il selon le programme...

Un très bon personnage pour un documentaire sur Suchitoto !


13 février 2008

Peregrinación y protesta





Vous vous souvenez du 2 juillet l'an dernier à Suchitoto ? Ca avait été pour moi l'occasion de vous présenter Monsieur Tony Saca et sa loi antiterroriste. Eh ben l'histoire n'est pas finie...
Lundi matin partait de Suchitoto une grande marche de protestation pour la libération sans conditions des prisonniers politiques du 2 juillet, qui sont actuellement dans l'attente d'un jugement, en liberté conditionnelle (plus d'infos ici, là, et là). Environ 600 personnes sont parties de Suchi, comme toujours des femmes pour la plupart, ont dormi à Perulapía lundi soir après 9 heures de marche, pour repartir le mardi matin jusqu'à Soyapango, et terminer aujourd'hui au Salvador del Mundo, à San Salvador. Vendredi il y a une audience prévue. Espérons que cette marche pourra porter ses fruits.



Et sinon, pendant ce temps-là, à Suchitoto, les couchers de soleil sur le volcan Guazapa sont toujours aussi appréciables ! Hehe !