04 juin 2012

Mangues








Ombre et hamac à la maison.



Le manguier est un arbre généreux.


D'abord, parce que c'est lui qui fournit l'ombre nécessaire pour supporter les fortes chaleurs de cette région du Fouladou. Il est très présent dès qu'on se trouve en zone habitée : proche des maisons, dans les cours, au bord des routes, dans les rizières, et dans les zones de culture d'hivernage en général il prête sa fraîcheur aux travailleurs de la terre.

Pendant les travaux de "ravalement" effectués dans notre maison, ici à Kolda, les ouvriers maçons, peintres, charpentiers ont sans doute survécu, sans se dessécher au soleil, grâce aux deux manguiers de notre jardin... et puis surtout grâce aux nombreux thés préparés sous leur ombre.
Nos 4 variétés de mangues.

L'ombre d'un manguier est épaisse, dense : on y est relativement au frais, parfait pour accrocher un hamac !
(Le nôtre en coton fait d'ailleurs des admiratifs par ici, où l'art de La Sieste est largement pratiqué, mais sans l'apport appréciable de ce rectangle de tissu suspendu)



Ensuite, le manguier est surtout généreux de par la quantité de nourriture qu'il offre à ceux qui le côtoient.

En fleur, un manguier change littéralement de couleur, et passe du vert au rose ou au blanc : les insectes et oiseaux butineurs doivent s'en donner à cœur joie !

Une fois fécondées, les fleurs se transforment en fruits, pendant au bout des branches. Les jeunes mangues peuvent être dégustées, encore vertes, avec du sel et du citron, voire du piment pour les amateurs.
Licuado... "Fresco-man" a ressuscité !
Notez la superbe étagère au dernier plan,
fruit de mon labeur d'oisif ébéniste.

Pour ceux qui préfèrent le "dulce", il faudra attendre que les petites mangues grossissent, grossissent... à un point où on se demandera comment l'arbre peut continuer d'alimenter et de supporter sans fléchir tout ce poids !

A la saison des plus fortes chaleurs, avant les pluies de l'hivernage, on les voit de loin les manguiers chargés de fruits : des tâches jaunes, rouges, violettes, oranges tout partout dans le feuillage vert brillant des arbres ! Ces chaudes couleurs attirent les enfants impatients, après plusieurs mois de sevrage, de pouvoir de nouveau s'en mettre partout en mangeant les premières mangues de la saison... On assiste alors à des rassemblements d'affamés armés de pierres et de bâtons lancés en direction des mangues les plus haut perchées, mûres les premières.

Pour les plus patients, on peut attendre sous le manguier que les fruits mûrs tombent tout seuls. D'ailleurs c'est là que le hamac, objet pourtant bien inoffensif en lui-même, peut se révéler dangereux pour la sécurité des personnes... une mangue chutant de quelques 10 ou 15 mètres de haut sur le coin de la tronche, j'imagine que ça peut être désagréable. Si on échappe au drame, on peut alors tranquillement ramasser les mangues à terre, tièdes et juteuses à point.
Naissance d'un manguier...

C'est notre technique, et ça fonctionne : vous avez vu le plateau de mangues là au-dessus, présentant un échantillon de ce qu'on peut ramasser au jardin depuis un mois... mmmm ! Il y en a 4 sortes, dont deux viennent des grands manguiers qui dépassent de chez les voisins. On en fait aussi de très bon jus naturels... re-mmmmm !!!


Le manguier est aussi, à sa manière, un lien entre les gens. Je parlais des manguiers plantés chez les uns et offrant leur ombre à la propriété voisine : ceux-là sont par nature un lien social concret entre voisins, qui se partagent les fruits. Mais il y a aussi les mangues qu'on offre aux voisins, aux collègues, aux amis. En échange, on peut recevoir une autre variété qu'on connaissait pas. Et rester boire le thé ou le "café touba".

Pendant la saison, les noyaux de mangues s'accumulent. On en croise des tas dans les rues.

Et certains germent...


1 commentaire:

Guy a dit…

vue depuis le hamac, elle a l'air belle votre maison !!! l'association paille manguier et mur en dur est réussie.
Pensez à mettre un casque lors de la sieste