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25 mai 2012
04 mars 2012
Ambiance afrique -- rue koldoise
Depuis l'appartement de Sara, où nous nous trouvons avec Dani depuis notre arrivée -- eh oui, on n'a toujours pas notre chez nous... mais là ça y est, quoi, on va signer un contrat de location pour une belle maison avec deux grands manguiers ! Inch allah on emménage cette semaine... ou celle d'après.
Donc chez Sara, au 3ème étage, la terrasse donne sur l'artère principale de Kolda. Vers le Nord on traverse le quartier Sikilo pour sortir rapidement de la ville vers Pata ou Fafacourou, voire plus loin jusqu'à la Gambie au niveau de Janjanbureh. Vers le sud, il faut d'abord traverser le marché en ouvrant grand tous ses yeux (surtout ceux de derrière : c'est de là que vient le danger), pour arriver à la gare routière ; et là tu pars pour la transgambienne vers Dakar, ou bien Bignona puis Ziguinchor.
Voici un exemple de ce qu'on peut voir et entendre dans cette rue -- bruyante -- aux heures encore "fraîches" du matin :
16 septembre 2008
Les voyages en bus ne sont jamais ennuyeux
En revenant de week-end, le passage obligé est souvent le bus entre San Salvador et Suchitoto. Un petit trajet de 47 km, mais qui peut durer de 1h à 2h selon les horaires...
Ce qui est cool, c'est que le paysage est sympa, et puis surtout c'est toujours animé. Avec à l'ordinaire des "pics d'activités" a la hauteur de la Plaza Mundo de Soyapango et du marché de rue de San Martín, où c'est alors un supermarché entier, déguisé en grosses-dames-à-tablier-kitsch, en petites-filles-à-la-voix-de-poissonnière-à-la-criée, ou bien en monsieurs-qui-parlent-fort, qui grimpe dans le bus et se fraye un passage dans le couloir central déjà bondé... Pour vendre, "¡¡ a dólar, a dólar !!", bonbons, chewing-gum, fraises, tomates, bananes plantains, cacahuètes, noix de cajou, eau fraîche et refrescos en sac plastique, pommade miracle anti-tout (champignons divers, douleurs dans le dos, problèmes de foie...), fruits pelés et découpés prêt-à-manger, chips de manioc citron-sel-piment, journaux du jour, stylo-lampe-de-poche, livres de coloriage Winnie l'Ourson ou glaces à la vanille... entre autres.
Parfois, c'est un clown qui monte raconter quelques blagues, ou bien un éclopé qui vient demander l'aumône, ou encore un drogué-délinquent-repenti-"gracias a Dios" et qui demande qu'on l'aide un peu à se refaire une vie de manière honnête... quand ce n'est pas un vrai délinquent qui raquette portables et argent liquide.
C'est très folklorique, le bus.
L'autre jour, dans ce bus magique, j'ai pu filmer un pasteur évangéliste et prosélytiste, la Bible à la main et prêchant la parole de Dieu. A nous, compagnons de voyage qui n'avions rien demandé. Et il prêche très fort, le monsieur (il vaut mieux pas être assis à côté de lui, sinon, on risque la rupture tympanique, moi j'vous l'dis !) : imaginez-vous couvrir, avec votre seule voix, le bordel que peut faire un bus d'environ 20 ans d'âge, bien rempli, un peu déglingué, roulant toutes vitres ouvertes à 100km/h et qui freine en gémissant en moyenne tous les 100 mètres, pour faire monter ou descendre quelqu'un...
Lui fait sa "messe", imperturbable... et pendant ce temps, la vie dans le bus continue... Un petit morceau de vie typique du Salvador !
La palabra de Dios también viaja...
envoyé par Julien
envoyé par Julien
Tentative de transcription en français :
LE PREDICATEUR EVANGELISTE AMBULANT Les portes sont ouvertes… pour vous ! Là, vous pouvez donner et entendre la parole de Dieu… On vous souhaitera la bienvenue… de la part de Dieu. Mes frères… que Dieu vous bénisse tous, mes frères… que Dieu vous bénisse toutes, mes sœurs. Là où vous louez, adorez… et répandez la parole du Seigneur. […] (Il commence à lire) Chapitre 2, verset 1 a 3, le Seigneur dit, mes frères et mes sœurs : [partie que je comprends pas…] mes meilleurs amis…
Quelqu’un fait signe au bus sur le bord de la route.
L’ « ENCAISSEUR » DU BUSOn y va ! On y va ! Hop, hop ! [Le fameux « Visa, vos » ! est intraduisible…] … J’te dis ! J’te dis ! … pfipfuiiit ! Vas-y !
LE PREDICATEUR EVANGELISTE AMBULANTDieu dit : “ Est bête ”, dit Dieu… “ devant tous ! […] ”
01 septembre 2008
Un Julien content

Ce week end fut un très bon week-end... Fait de plaisirs gustatifs à Ataco, un joli village où un français (corrézien) cuisine à base de fromage de chèvre (c'est tellement délicieux... un fromage de chèvre frais, fondant en bouche, à l'arôme subtil mais profond, corsé, bien rondelet et potelé, de belle couleur... mmmmmm !)... Fait d'adrénaline dans la rue principale de Nejapa avec la tradition des "Bolas de fuego" du 31 août (voir la petite vidéo ci-dessous)... Fait de petit hôtel très accueillant, avec petits coups à boire dans un bar-reggae de Juayúa... Fait de conduite - promenade en voiture du côté de la "Route des fleurs"... et d'autres encore qu'il est peu commun de dévoiler sur la place publique...
Tout ça pour fêter dignement le quart de siècle !
La Recuerda 2008
envoyé par Julien
envoyé par Julien
Sur cette page, il y a quelques éléments d'histoire autour de cette manifestation annuelle... (en espagnol). Rapidement, il paraîtrait que c'est pour commémorer l'éruption du volcan de San Salvador, en 1658 ou en 1922 selon les cas, ou bien les deux... Impressionnant en tout cas ! Que des gamins entre 12-13 ans et 20 ans, qui se balancent à la gueule des boules de feu... bien sûr, il y en a toujours un ou deux qui se prennent un peu pour des chevaliers Jedi... et ça dégénère facilement, en rebondissant sur le public. Ca sent le poil brûlé toute la soirée !
02 octobre 2007
Alors, qu'est-ce qu'on fait l'année prochaine ?
Eh ouais, c’est vrai, ça… Il se passe quoi en 2008, à part Mai08 ou la célébration militante des 40 ans de mai 68 ? Bah... en 2008, c’est un peu égocentrique certes, mais en ce qui me concerne, y a pas 40 solutions, y en a trois : Salvador, Pérou, France.
Au Salvador, le projet sur lequel je pourrais travailler consiste, très rapidement, à m’incorporer dans l’équipe qui bosse sur la mise en place d’un « Centre économique autosuffisant », c’est comme ça qu’ils l’appellent, les barbares de chez ACUA. En deux mots, c’est un projet de mise en place d'une coopérative agricole avec une production diversifiée, essentiellement tournée vers l'auto-consommation et vers l’autonomie en général (récupération de l’eau de pluie, énergie solaire, agriculture bio, voire permaculture dans la mesure du possible, etc.). En y intégrant une composante eco-touristique, ainsi qu’une composante de formation des agriculteurs du coin aux nouvelles pratiques utilisées. Et mon travail là-dedans serait de voir comment peut s’organiser ce centre, techniquement et dans l’espace, et puis de voir comment il peut s’intégrer à la commune et à la zone de protection environnementale où il est situé, qui est une zone de production de café en train de se faire « bouffer » par l’agglomération de San Salvador. C’est pas mal intéressant, c’est concret, c’est vert, c’est proche du terrain, et je crois que ça me plairait.
Au Pérou, l’idée, encore floue pour moi, serait de bosser sur un avant projet touristique, dans la région du Cuzco (!!!), autour d’un circuit vélo eco-touristique entre plusieurs communes de la zone. Là, j’en sais pas grand-chose de plus… je sais juste que le Pérou, c’est une bonne destination, et que j'aime bien faire du vélo. Alors si en plus je peux me faire guider par les condors des Andes, c'est le pied. :-)
Enfin, la possibilité France. Et c’est la moins claire pour moi... c'est d’ailleurs là où vous pouvez essayer de m'aider. L'inconnue qui m'attend, c'est le travail. L’intérêt au travail. Où je serai. Loin de qui. Près de qui. Serai-je un homme heureux dans le meilleur des mondes ? … Bref, toute cette sorte de choses.
Mais en fait, LA grande question, elle, est ailleurs… Elle est dans le fait de savoir si on a envie de continuer de bouger. Ou pas. Parce qu’il faut le dire : c'est pas la même chose de voyager, pour un temps court, de loisirs en conneries ou en rencontres éphémères qui font passer le temps à une vitesse folle mais incroyablement agréable… et de bosser, de s'installer. La deuxième option, celle de "s'installer", même pour un temps, ça veut dire non seulement rencontrer des gens, mais aussi rester avec eux, s'en faire des amis, partager un morceau de vie. Et ça, c'est du temps, c'est beaucoup de bons moments, et ça veut dire que c'est difficile au moment de partir vers d'autres horizons, quels qu'ils soient. Ça a été dur pour moi de partir du Guatemala, encore plus de Bolivie, et j'ose même pas encore imaginer dans quel état je serai quand je vais m'en aller d'ici, Suchitoto, El Salvador. Sans parler de la déchirure vécue au moment de quitter la France. Mais ça on le surmonte, car on sait qu'on va revenir, un jour... (encore que ?).
Alors la question, c'est : on continue comme ça ? A créer des attaches partout, pour devoir s'en détacher toujours au moment « où c'était le mieux ». C'est fatiguant, ça… Quitte à choisir, c'est quand même mieux de vivre avec les gens que tu aimes près de toi, même pour le cas où, et d'aller à la découverte avec toujours la possibilité immédiate d'un "retour aux sources". Hein ? Si on est à l'aise, heureux, avec des personnes que l'on connaît bien, parfois mieux que soi-même... pourquoi chercher ailleurs ?
Bref, j'ai l'impression en écrivant que je balance des banalités sans nom. Un peur fleur-bleue et eau-de-rose, je me trouve. En plus j’écris ça d’ici, et je pense que ce point de vue est très influencé par la situation actuelle, qui me « stresse » un peu (c’est un bien grand mot) : en effet, arrive ce mois-ci l’échéance presque finale de cette année passée à travailler pour la mairie de Suchitoto, avec la Grande Présentation au Conseil Municipal… un peu mes partiels à moi d’ici, quoi. Un cap à passer. Et qui tombe en même temps que le mois où je dois décider ce qui m’arrivera l’année prochaine. C’est donc je crois un point de vue sujet à beaucoup d’évolutions (mais ça sert à ça, d’écrire, non ? Fixer les idées sur le moment...).
Et sinon, je disais que je me sentais bien ici à Suchitoto, non ? Non, je vous l’ai pas dit ? Eh ouais, je me sens bien ici à Suchitoto. Et je me sentirais même certainement bien quel que soit l'endroit. Le problème est donc ailleurs : est-ce qu'on veut avoir à tout changer de nouveau alors qu'on kiffe notre vie sur le lieu et sur le moment ? Hein, je vous le demande...
Z’avez qu’à regarder cette petite vidéo, vous comprendrez un peu…
Tout ça pour dire que, de toutes façons et en conclusion, j'ai bien envie de venir vous visiter chez vous un de ces quatre ! C'est ça qui est bon, quoi.
A dans deux mois !
Au Salvador, le projet sur lequel je pourrais travailler consiste, très rapidement, à m’incorporer dans l’équipe qui bosse sur la mise en place d’un « Centre économique autosuffisant », c’est comme ça qu’ils l’appellent, les barbares de chez ACUA. En deux mots, c’est un projet de mise en place d'une coopérative agricole avec une production diversifiée, essentiellement tournée vers l'auto-consommation et vers l’autonomie en général (récupération de l’eau de pluie, énergie solaire, agriculture bio, voire permaculture dans la mesure du possible, etc.). En y intégrant une composante eco-touristique, ainsi qu’une composante de formation des agriculteurs du coin aux nouvelles pratiques utilisées. Et mon travail là-dedans serait de voir comment peut s’organiser ce centre, techniquement et dans l’espace, et puis de voir comment il peut s’intégrer à la commune et à la zone de protection environnementale où il est situé, qui est une zone de production de café en train de se faire « bouffer » par l’agglomération de San Salvador. C’est pas mal intéressant, c’est concret, c’est vert, c’est proche du terrain, et je crois que ça me plairait.
Au Pérou, l’idée, encore floue pour moi, serait de bosser sur un avant projet touristique, dans la région du Cuzco (!!!), autour d’un circuit vélo eco-touristique entre plusieurs communes de la zone. Là, j’en sais pas grand-chose de plus… je sais juste que le Pérou, c’est une bonne destination, et que j'aime bien faire du vélo. Alors si en plus je peux me faire guider par les condors des Andes, c'est le pied. :-)
Enfin, la possibilité France. Et c’est la moins claire pour moi... c'est d’ailleurs là où vous pouvez essayer de m'aider. L'inconnue qui m'attend, c'est le travail. L’intérêt au travail. Où je serai. Loin de qui. Près de qui. Serai-je un homme heureux dans le meilleur des mondes ? … Bref, toute cette sorte de choses.
Mais en fait, LA grande question, elle, est ailleurs… Elle est dans le fait de savoir si on a envie de continuer de bouger. Ou pas. Parce qu’il faut le dire : c'est pas la même chose de voyager, pour un temps court, de loisirs en conneries ou en rencontres éphémères qui font passer le temps à une vitesse folle mais incroyablement agréable… et de bosser, de s'installer. La deuxième option, celle de "s'installer", même pour un temps, ça veut dire non seulement rencontrer des gens, mais aussi rester avec eux, s'en faire des amis, partager un morceau de vie. Et ça, c'est du temps, c'est beaucoup de bons moments, et ça veut dire que c'est difficile au moment de partir vers d'autres horizons, quels qu'ils soient. Ça a été dur pour moi de partir du Guatemala, encore plus de Bolivie, et j'ose même pas encore imaginer dans quel état je serai quand je vais m'en aller d'ici, Suchitoto, El Salvador. Sans parler de la déchirure vécue au moment de quitter la France. Mais ça on le surmonte, car on sait qu'on va revenir, un jour... (encore que ?).
Alors la question, c'est : on continue comme ça ? A créer des attaches partout, pour devoir s'en détacher toujours au moment « où c'était le mieux ». C'est fatiguant, ça… Quitte à choisir, c'est quand même mieux de vivre avec les gens que tu aimes près de toi, même pour le cas où, et d'aller à la découverte avec toujours la possibilité immédiate d'un "retour aux sources". Hein ? Si on est à l'aise, heureux, avec des personnes que l'on connaît bien, parfois mieux que soi-même... pourquoi chercher ailleurs ?
Bref, j'ai l'impression en écrivant que je balance des banalités sans nom. Un peur fleur-bleue et eau-de-rose, je me trouve. En plus j’écris ça d’ici, et je pense que ce point de vue est très influencé par la situation actuelle, qui me « stresse » un peu (c’est un bien grand mot) : en effet, arrive ce mois-ci l’échéance presque finale de cette année passée à travailler pour la mairie de Suchitoto, avec la Grande Présentation au Conseil Municipal… un peu mes partiels à moi d’ici, quoi. Un cap à passer. Et qui tombe en même temps que le mois où je dois décider ce qui m’arrivera l’année prochaine. C’est donc je crois un point de vue sujet à beaucoup d’évolutions (mais ça sert à ça, d’écrire, non ? Fixer les idées sur le moment...).
Et sinon, je disais que je me sentais bien ici à Suchitoto, non ? Non, je vous l’ai pas dit ? Eh ouais, je me sens bien ici à Suchitoto. Et je me sentirais même certainement bien quel que soit l'endroit. Le problème est donc ailleurs : est-ce qu'on veut avoir à tout changer de nouveau alors qu'on kiffe notre vie sur le lieu et sur le moment ? Hein, je vous le demande...
Z’avez qu’à regarder cette petite vidéo, vous comprendrez un peu…
Tout ça pour dire que, de toutes façons et en conclusion, j'ai bien envie de venir vous visiter chez vous un de ces quatre ! C'est ça qui est bon, quoi.
A dans deux mois !
07 août 2007
D'un bout à l'autre du continent
Autrement dit : du Salvador au Honduras. Sur la carte, c'est pas très impressionnant, mais je peux vous dire qu'on peut en faire, des kilomètres, entre ces deux pays...
Plage de Sambo Creek, côte caraïbe.





Village de Sambo Creek : un petit tour en Afrique, ou plutôt dans une de ses multiples ramifications et métamorphoses...
Velorio en Sambo Creek
Le 4 août 2007, par Julien
J'aime beaucoup la mémé assise avec son habit bleu et blanc qui fait des mots croisés pendant que le village fait la fête autour d'elle.





Et enfin une pause bien sympa aux alentours du VIIIème siècle de notre ère : site arquéologique de Copán, toujours au Honduras.


Plage de Sambo Creek, côte caraïbe.





Village de Sambo Creek : un petit tour en Afrique, ou plutôt dans une de ses multiples ramifications et métamorphoses...
Velorio en Sambo Creek
Le 4 août 2007, par Julien
J'aime beaucoup la mémé assise avec son habit bleu et blanc qui fait des mots croisés pendant que le village fait la fête autour d'elle.





Et enfin une pause bien sympa aux alentours du VIIIème siècle de notre ère : site arquéologique de Copán, toujours au Honduras.


22 janvier 2007
Dimanche après midi
Jorge est marionnettiste, Raúl est philosophe. Les deux sont des potes à moi. Ils traînent au centre culturel Aztlán (« le lieu d’où nous venons tous »), dans la « onda » de promouvoir la culture Nahua. Je les retrouve là bas ce matin, avec dans l’idée (on était tombé d’accord la veille), de se faire un petit barbec’ avec de la vraie viande bien saignante. Et bah non, raté… La planification à la latino-américaine a encore frappé… La fille qui devait nous montrer où est-ce qu’on peut trouver de la bonne viande par ici n’est pas là… On se rabat vers le restau de tous les jours. La cantine. Et puis un café sur la place du village. A laisser passer le dimanche.
Dans l’après midi, ô joie ! une heureuse perspective d’animation de cette journée : un coup de fil de Elmer. Elmer, c’est le frère du Maire (mon chef). Son truc, c’est les fleurs. Il y en a plein dans sa maison. Sa maison est toute petite, mais comme on dit, c’est très bien arrangé. Très coquet. Dans son salon, il y a quelques œuvres d’art. Dont une sculpture en bois, qui représente le haut des cuisses et la paire de fesses (masculines) qui va avec, d’un noir brillant. Elmer est aussi un mélomane (« ¡Yo no pueeeedo vivir sin música! ») : quand je vais chez lui il me met un disque d’Arielle Dombasle, qui chante en espagnol. Chez lui, la table est toujours mise, avec un grand joli vase au milieu, les petits plats dans les grands, et des verres à pied. Elmer parle beaucoup (« Soy un bocón », une vraie pipelette, comme il le dit lui-même). Elmer est quelque peu efféminé. Le samedi soir c’est toujours la fête chez lui. Il a plein d’amis très « fresas ». Elmer est homosexuel. Un personnage de Suchitoto.
Elmer nous invite, Jorge, Raúl et moi, à venir faire un tour à la « Maison du Sculpteur », où il s’apprête à manger avec des amis à lui. Le sculpteur de la « Maison du Sculpteur » est argentin. Il s’appelle Miguel. Son restaurant ne marche que le dimanche : des grillades à n’en plus finir, 6 types de viandes différentes cuites au feu de bois. Et en plus, la serveuse est jolie. C’est elle qui nous a assis à une table, en nous faisant passer ce petit message, qui fait vraiment plaisir à entendre dans un restaurant où le menu est à 13 dollars… : « Que tomen lo que quieran. Don Elmer les invita ». Allez, hop ! Une petite bouteille de vin chilien à l’ombre du manguier ! Santé !
La table à côté de nous est francophone. Il y a deux français, style bourgeois un peu coincés en voyage : genre polo Lacoste vert, short beige, mince ceinture en cuir, chaussures bateaux, et gros appareil photo en bandoulière. Ce sont des amis de Robert, le québécois qui a traîné ses valises jusque par ici. Robert est un grand costaud, qui se promène en moto dans les rues de Suchi, à « cruiser » les jolies jeunes filles. Robert, moi il me fait penser à un pirate. A Long John Silver de l’île au trésor. Il a ses cheveux blancs attachés derrière la tête en une courte tresse, et il cache sa calvitie sous un béret estampillé Tadoussac. Le pays des baleines. Capitaine au long cours échoué au Salvador après deux années passées dans une communauté autochtone du nord du Québec. L’élément eau est indispensable à sa vie quotidienne, ne serait-ce qu’en décor de fond : ici, il habite dans une gigantesque maison avec vue sur le lac. La cinquantaine, et « le cul bordé de nouilles », comme il dit.
Alors qu’avec Jorge et Raúl nous arrivons au deuxième verre de vin, apparaît dans le restaurant la Sœur Peggy. La Sœur Peggy est irlandaise. Ici, à Suchitoto, tout le monde la connaît, la Hermana Peggy. Elle vit depuis plus de 20 ans dans le coin. La Hermana Peggy s’habille dans un style indéfinissable, pas loin du style hippie : des fringues amples, avec pas mal de couleurs et des dessins genre décolorés à l’eau de javel. Elle est grande, un peu vieille, toute blanche depuis ses grands bras jusqu’à ses cheveux courts, et débordante d’une énergie incroyable. Elle fait plein de choses, et toujours avec le sourire. Elle parle et agit de manière directe, franche, sans mettre de gants, sincèrement. Elle se promène dans Suchitoto au volant d’un gros 4x4 rouge bordeaux, et souvent, elle s’arrête au milieu de la rue, quand elle voit quelqu’un à qui elle veut parler : alors elle baisse la vitre, fait un signe de la main, et sifle le type. Elle est comme ça, la Hermana Peggy, et quand elle te salue, elle t’entoure de ses immeeeenses bras. Elle aime la fête, elle fume des énormes cigares cubains, boit du rhum, et je suis certain que de temps en temps elle se refuse pas un petit pétard. Elle a un chien, une saucisse toute petite, qui s’appelle Enano. Il est un peu comme elle, débordant de vie. Et elle lui parle comme à un super pote, en le vouvoyant (imaginez, avec le petit accent british) : « Enano, où étiez vous donc passé ? Je pensais vous trouver à la maison, et vous voilà à courir les jupons dans la rue ! ». Enano aussi est connu dans le village. La Hermana Peggy, si elle l’avait rencontrée, elle serait pote avec Sœur Marie Thérèse des Batignolles. La Hermana Peggy, elle était dans la guérilla : je l’imagine bien en tenue de camouflage, avec une mitraillette AK47 posée sur sa lourde poitrine. Un autre personnage de Suchitoto.
Et tous ces gens là, et d’autres encore, étaient réunis ce dimanche après midi, à « alegrarse » du cadeau-spectacle fait à Elmer par ses ami(e)s danseurs et danseuses de tango… Voyez la vidéo…
Un moment très sympa !
17 janvier 2007
Youpi, j'ai trouvé un parapentiste !!
Hier en fin d'après midi (c'était jour férié, anniversaire de la signature des accords de paix en 1992), en revenant d'un pique-nique au bord du lac de Suchitoto, il y avait un parapente qui volait... En ce moment, vers 16h se lève une petit brise de nord, qui permet de décoller depuis le village et de voler en dynamique au dessus des pentes qui descendent vers le lac, en dominant un paysage magnifique.
Tout naturellement, je suis resté pour assister à l'aterrissage (c'est la vidéo ci-dessous), et pour discuter avec la personne qui volait... parce que c'est un peu bizarre, de voir quelqu'un voler ici... on n'a pas l'habitude...
Il se trouve que c'était un français, arrivé ici au Salvador depuis 1 mois, qui cherche des terrains de jeux aériens... et des gens intéressés pour voler !
Je crois que je vais faire partie de ces gens là !
Atterrissage au bord du lac de Suchitoto
Vidéo envoyée par jjacotot
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