Si on continue la piste, on arrive à Miraflores, un petit village animé où il fait bon vivre, et où les Potosinos viennent le week end pour se baigner ou pour laver leur linge, dans les piscines d’eau chaude naturelle. Dans le village, on voit un peu partout des petits canaux, où court l’eau fumante sortant des entrailles de la terre…
Après Miraflores, la piste continue. On s’éloigne des minibus et du bruit joyeux de ce petit village thermal pour descendre encore la rivière, bordée d’arbres dont la couleur vert tendre ressort sur le rouge du lit du cours d’eau. Le calme est surprenant.
Au détour d’un virage, on découvre enfin, un peu plus bas dans la vallée, le village de Mondragón, qui paraît endormi. On voit aussi, sur l’autre versant, une grande propriété bordée de peupliers italiens, qui pourrait ressembler à un grand mas provençal. Cette hacienda est abandonnée. Et son histoire a déteint sur celle du petit village qui lui fait face, de l’autre côté de la rivière…
On raconte que le propriétaire de cette hacienda, un riche descendant des conquistadors espagnols, certainement enrichi par la mine, avait choisi de s’installer ici, à Mondragón, pour la douceur du climat qui y règne. Ici l’air est chaud, le soleil est moins agressif et la verdure a envahi les bords de rivière. On respire bien mieux qu’à Potosí.
Un jour, cet homme riche tomba amoureux d’une des filles du village. A cette époque, il était difficilement accepté qu’une femme quechua se marie avec un descendant d’espagnol. A force d’attentions, et aussi sûrement de cadeaux somptueux, le riche propriétaire réussit cependant à séduire la jeune femme, qui devint son amante. Elle accepta de s’unir à lui, mais à une seule condition : il ne devrait jamais la tromper… Malheureusement, le destin voulu que le riche propriétaire commis un jour le péché d’adultère… Bien évidemment, sa femme eu très vite vent de cette trahison. Elle exécuta la sanction envers son mari qui n’avait pas respecté le contrat : elle le tua en lui enfonçant des épines sur tout le corps, jusqu’à ce qu’il se vide de son sang et qu’il en meure...
Depuis, il règne un vent de malédiction sur le village. La légende de l’homme aux épines pèse sur les lieux. Plus personne n’habite l’hacienda. Elle est abandonnée, et les murs sont devenus la propriété du village, qui rechigne à restaurer cette bâtisse pourtant magnifique…
Aujourd’hui, on peut accéder à l’ancienne hacienda par un pont en lattes de bois, dont certaines sont manquantes. Le chemin qui monte vers la petite chapelle paraît encore utilisé, certainement comme un accès aux champs de maïs et de patates des alentours de la propriété.
L’accès principal est barré. Mais on peut faire le tour de la propriété. On découvre la porte de derrière, cachée par la végétation, d’où s’envolent quantité de petits oiseaux d’un jaune vif. 
Quand on pousse cette porte grinçante, pour pénétrer dans cette propriété, le silence se fait. Et on n’entend plus que le vent dans les champs de maïs séchés de la fin de l’été. Pendant un temps, tout seul dans cette bâtisse abandonnée, on est comme un enfant à la recherche d’un trésor perdu. On s’attend, à chaque fois qu’on rentre dans une nouvelle pièce, à faire une nouvelle trouvaille surprenante. Dans le jardin central, un beau palmier, qu’on devine très vieux, à côté du tronc sec et gris d’un arbre mort. Une porte en bois moulé, autrefois magnifique, aujourd’hui rongée par les vers à bois. Une allée couverte, bordée par des colonnes dont le crépi rouge s’émiette sous l’effet du temps et des graffitis.
Une fois sorti, on se sent comme après avoir fait un voyage dans le temps. Merveilleux.





4 commentaires:
tu vas revenir encore plus zen qu'avant toi .... ;)
Ca a l'air vraiment magnifique ta petite ville dans les nuages... Au fait si avec ton cou de lama et tes yeux rivés vers le ciel (tellement bleu d'ailleurs... c'est incroyable...) tu voies Dieu .... j'aimerais que tu me dises si la légende dit effectivement vrai : "Dieu est noir"...
Bref sublime, rayonnant de joie et de bonne humeur, très beau et juste une pointe de mélancolie qui montre qu'il fait bon vivre par chez toi !!!
Au fait il mange quoi par la bas ???
Et la population ressemble à quoi ??? (genre plutot agée, de tout, jeune, .... )
ici, t'as interet d'aimer la viande... de boeuf, de lama, de vizcacha (une sorte de lièvre), du poulet tant que tu en veux... et c'est toujours accompagné de patates (frites ou pas) et de riz. C'est le plat typique. Si tu rajoutes en entrée un bouillon dans lequel tu peux mettre ce que tu veux : pates, viande, patate, mais... et tu obtiens l'almuerzo tipico boliviano !
Ils mangent aussi pas mal de salteñas et d'empanadas, tout au long de la matinée. C'est des sortes de chausson a la viande ou au fromage. C'est super bon, mais faut se lever tôt ! Après 11h - midi, c'est terminé...
je t'ai suivi camèra à l'épaule dans ton hacienda abandonnée, tous les sens en éveil, j'ai vraiment cru y être tellement tu racontes bien!
Fait-il toujours beau temps,c'esr magnifique ce ciel bleu froid sur ces terres rouges.
Est-ce l'abuelito qui te raconte les légendes des incas et de la dame aux épines!
es-tu seul à travailler à Potosi dans "ton bureau" ou ailleurs?
Il vaut mieux ne pas être végétarien
sur tes plateaux! La bouffe est-elle très épicée!Et la boisson? Y-a-t-il autant de "burrachos" qu'au Guate?
bises maman
oula... tant de questions... alors dans l'ordre :
oui il fait toujours ce ciel bleu, et ca ne changera pas jusqu'au mois de septembre, ou il parait qu'il peut tomber de la neige sur ces terres rouges...
non, c'est pas l'abuelito qui me raconte tout ca, c'est les gens avec qui je visite le terrain, qui connaissent bien la region.
je suis a partir d'aujourd'hui et jusque debut mai seul a travailler, oui... avec des contacts a la mairie pour m'aider a avancer aussi... enfin on verra la semaine prochaine comment ca se passe : c'est le vrai debut du boulot, il faudra passer du temps sur le terrain pour connaitre les gens, leurs habitudes... et pourquoi pas faire un premier entretien...
et enfin, non la bouffe n'est pas epicée, et il n'y a pas autant de types bourrés dans les rues qu'a Guate Ciudad. Mais en meme la ville est beaucoup plus petite, et plus tourtistique... ya peut etre un lien...
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